La lecture de « Yoga Shalala » de Jeanne Burgart Goutal et Aurore Chapon quand on pratique le yoga me paraît essentielle, que l’on vienne de débuter ou que l’on soit plus ancien.ne.
Pourtant, il retrace un cheminement qui ni idéal, ni idéalisé, ni idéalisable. C’est le cheminement d’une femme qui s’interroge sur le yoga et dont la recherche est sincère :
- quelqu’un qui n’arrive pas avec l’idée préconçue que le yoga est mauvais.
- quelqu’un qui n’arrive pas avec l’idée préconçue que le yoga est bon.
- quelqu’un qui s’interroge sur ce qu’elle découvre en pratiquant, qui porte un regard critique et qui néanmoins accorde sa confiance et fait l’expérience.
Pour que le message soit complètement délivré, il me semble important de lire Yoga Shalala jusqu’au bout, jusqu’à la toute fin. Soyez sans inquiétude toutefois, car il y a de fortes chances que le récit vous happe.
Pour ma part, même si mon chemin dans le yoga est très différent et bien moins difficile que celui de l’auteure, beaucoup d’éléments ont fait écho à mes propres cogitations (quoi !! des cogitations !! l’agitation du mental !!?? Ouh… 😜)
J’ai adoré lire des éléments de culture yogique synthétisés et sourcés.
J’ai adoré retrouver des questionnements et des remises en cause que je partage. J’ai apprécié que l’auteure mette le doigt sur des choses qui devraient nous déranger dans le monde du yoga… Or, ces faits sont souvent minimisés ou recouverts par la positivité, la bienveillance, l’ardeur que nous mettons dans le partage du yoga (dans le meilleur des cas)…
A titre personnel, je me souviens avoir été agacée quand mes parents me mettaient en garde à répétition dans ma jeunesse sur les dérives sectaires du yoga. Plus tard, pendant mes années d’études à l’École de Yoga, nous avions parfois tendance à être chatouilleux.se quand un article de journal, une émission, une publication mettait en avant des aspects négatifs ou dangereux du yoga parce que nous avions l’impression qu’il s’agissait parfois de tentatives de diffamation pour discréditer le yoga, et par conséquent nos activités en tant qu’enseignant.e.s ou futur.e.s enseignant.e.s de Yoga. C’était pénible de se sentir attaqué.e de la sorte alors que pour la plupart d’entre nous, le yoga nous avait tellement apporté, tellement aidé.e.s, parfois sauvé.e.s, et que nous aurions aimé que le monde entier sache combien le yoga est génial. Ou du moins, le nôtre, notre yoga à nous… 😉
Alors, c’était une bonne chose de lire l’expérience de l’auteure, de découvrir la planche intitulée « Le Périlleux Paysage du Yoga », illustration intéressante de beaucoup d’écueils que nous rencontrons en tant que chercheurs/chercheuses en yoga et le texte qui l’accompagne :
« Le voyage au pays du yoga n’est pas un long fleuve tranquille. Il est truffé de pièges et de dangers. Aucun yogi de ma connaissance n’a su tous les éviter ». (J’ai très envie de scanner ici la page, mais je me retiens… Essayez plutôt de faire la liste pour vous de ce que vous considéreriez comme pièges ou dangers dans l’aventure du yoga… puis… Lisez le livre !!! 😁)
Loin de moi l’idée de faire peur, ce livre ne m’a pas détournée du yoga, bien au contraire. Cet ouvrage est un appel à plus de lucidité, il n’y a pas qu’un yoga, il y a beaucoup de yogas, beaucoup de méthodes et d’outils. Mais ce qui est à questionner en priorité, quels que soient notre lignée ou notre style de yoga, est notre motivation à pratiquer. Je cite ici un autre passage du livre :
« Vous comprenez ? Il y a des façons opposées de pratiquer le yoga. Soit on s’efforce de travailler intelligemment au service de la vie, dans un esprit d’équilibre et de clarté ; soit on renforce des tendances pathologiques… »
Enfin : j’ai adoré avoir le sentiment que nous nous comprenions, que nous nous rejoignions sur la « substantifique moelle du yoga » (oui, je vous l’ai dit, il faut aller jusqu’au bout du livre 😊).
Alors??? Un petit tour chez votre libraire préféré ???
Bonne lecture 😉🙏
Yoga Shalala La 4ème de couverture :
» La voie du yoga telle que je l’ai vécue est une jungle touffue, faite de mille sentiers qui s’entrecroisent, s’emmêlent et nous embrouillent. De larges pistes conduisent aux clairières les plus connues, mais il y a aussi des bifurcations secrètes, des sentes qui ne mènent nulle part, des pistes à demi effacées, des passerelles dissimulées, des descentes, des montées. «
Le yoga n’est ni un sport ni une pratique de bien-être. Il est bien plus que cela… et surtout bien autre chose !
Pendant dix ans, la philosophe Jeanne Burgart Goutal a exploré ce monde, avec un mélange de distance et de passion, elle a multiplié les cours et les lectures, séjourné en Inde, suivi une formation de professeure… En 2016, elle rencontre un yogi tantrique vivant en marge de la société, qui lui ouvre les portes de cet univers et lui révèle l’envers du décor. À la même époque, elle mène une recherche sur l’écoféminisme.
De ce croisement naissent des questions explosives. Pourquoi s’intéresser ici et maintenant aux philosophies du yoga, nées en Inde il y a plusieurs millénaires ? Peuvent-elles changer notre rapport à la nature ? Le yoga, aujourd’hui très majoritairement féminin, est-il pour autant féministe ? Quelle est la frontière entre pratique spirituelle et dérive sectaire ? Comment expliquer que la France, pays de l’esprit cartésien, compte huit millions d’adeptes ? Coup de génie marketing ou symptôme d’une crise profonde de notre civilisation ? En un mot : de quoi la mode du yoga est-elle le symptôme ?
Un livre aux illustrations vibrantes, qui mêle fiction et réalité, expériences intimes et questions universelles, et bouscule les clichés.


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