Ça aussi c’est du Yoga !?! 🦚

Le fameux « yuj » racine étymologique du mot Yoga peut être le joug qui permet de juguler, atteler, harnacher, contrôler, maîtriser… au choix : les chevaux, les sens, les passions, le mental, les pensées, la respiration ou le hamster dans notre tête…

Mais c’est aussi l’union, le contact, la jonction. Sur le tapis de yoga, il y a ces moments où l’on fait concrètement l’expérience d’un état de non-séparation. Quand les conditions sont réunies, l’état de Yoga se manifeste et avec lui la cessation de l’illusion d’être séparé.e du Tout.

Même sans entrer dans la métaphysique du Brahman et de l’Âtman, nous vivons des moments, des événements où la proximité ressentie avec les autres est telle que nous avons l’impression de ne faire qu’un. Il nous semble alors que les autres vivent le même moment que nous… Bien sûr, il ne nous est pas possible de savoir si c’est vraiment le cas : saurons-nous un jour ce que pense vraiment l’Autre ?
Ce que ressent vraiment l’Autre ?
Si nous sommes, chacun, vraiment, le Tout… tout comme l’Autre ?

Malgré tout, ce sentiment d’unité, quelquefois, nous traverse. Et pas seulement sur le tapis de yoga.
Ça doit faire partie du « package » de l’animal-humain. Ou de son câblage. Et c’est probablement expliqué par la psychologie et les neurosciences.

Attention toutefois… Rechercher ce sentiment d’unité à tout prix n’est pas une bonne idée. Jeanne Burgart Goutal en témoigne dans son livre « Yoga Shalala » (lisez ici l’article que je lui ai consacré).
On sait bien également que les dynamiques de groupe ou de majorité ne vont pas toutes dans le sens de la justice, de l’empathie, de l’équilibre ou de la préservation…

La propension à nous relier, à estomper les contours de notre propre individualité quelquefois nous perd et quelquefois nous sauve.
La tendance à nous individualiser, à définir les contours de notre personne quelquefois nous perd et quelquefois nous sauve

Or, pratiquer le Yoga c’est d’abord cultiver le discernement, essayer de voir ce qui est.

Pouvons-nous éviter l’écueil de la fusion façon mouton de Panurge où nous abdiquons notre discernement ?
Pouvons-nous éviter l’écueil de l’individualisme à tout va et nous défaire de l’illusion d’être séparé.e ?

Espérons-le.
Dans tous les cas, faisons de notre mieux.

Je prends quelques lignes pour évoquer un moment de Yoga hors tapis, en novembre dernier, pendant lequel j’ai expérimenté ce sentiment d’unité : une seule foule portée par les musiques, par les chants rappelant les liens de fraternité, de sororité, de partage, d’empathie, de confiance, plutôt que le mépris, la peur et la haine.
M, Fatoumata Diawara, Lubiana, Madou Diabaté et l’Afro Pop Orchestra nous ont rassemblé.e.s, nous ont fait nous sentir UN. C’était au concert Lamomali. Pour moi, c’était du Yoga.

Et puis il y a aussi des moments d’unité sans prétention, qui nous rappellent notre communauté de destin en tant qu’êtres vivants sur la petite planète bleue. Une discussion, un texte, une image, une vidéo youtube (pourquoi pas ?) suffisent pour cela !
À ce titre, laissez-moi vous conseiller de regarder en entier le documentaire « Le Souffle de Vie » de Natoo : https://www.youtube.com/watch?v=s_hOutsVVT0 quand vous aurez une petite heure au gré de vos pérégrinations sur internet. 😉

En guise de conclusion et comme illustration à cet article : le paon qui est dans la culture indienne un symbole du « Un multiple ».
Dans cette croyance, ce point de vue sur le monde, il n’y a qu’une seule conscience qui est totale : quand la queue du paon est rassemblée, un seul « œil » est visible.
Et pourtant cette conscience universelle est aussi la multitude de consciences individuelles qui existent : quand le paon fait la roue (quand la manifestation se déploie), plusieurs « yeux » apparaissent (des milliards de consciences).
La quête des consciences individuelles serait de réaliser qu’il y a identité de nature entre elles-mêmes et la conscience primordiale.
Voir l’ Un.

La roue du paon : un et multiple


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